Par Oliver
En 1892, Wilhelm Steinitz défend son titre de champion du monde des échecs contre son vieux rival Mikhail Tchigorine (Russie) à La Havane (Cuba).
Il s’imposte 10-8 (avec 5 parties nulles). Les deux joueurs s’étaient déjà rencontrés en 1889 à La Havane, où Steinitz l’avait également emporté sur le score de 10-6 (avec 1 partie nulle).
Le match Tchigorine-Steinitz à la une de l’hebdomadaire humoristique "Стрекоза" (trad. : strekoza, la libellule) publié à Saint-Pétersbourg, la ville du joueur russe.
Lors de la 4ème partie du match de 1892, Steinitz signe l’une des plus belles parties de sa carrière échiquéenne. Avec les Blancs, dans une Partie espagnole (Défense berlinoise – C65), variante pourtant réputée très solide pour les Noirs, il annonce résolument la couleur en optant pour des roques opposés. Il ouvre rapidement les lignes pour exposer le roi adverse, et le chasser jusqu’au milieu de l’échiquier, pendant que les pièces noires assistent, impuissantes, à la déroute de leur camp… 28 coups auront suffi.
4ème partie du match de 1892 – position finale après 28.Dxd4+ 1-0. Le monarque noir a été délogé et pourchassé jusqu’au centre de l’échiquier.
Steinitz, père des échecs modernes
W.Steinitz, premier champion du monde des échecs officiel, et père des échecs modernes.
Wilhelm (William) Steinitz (Prague, 1836-1900, New York, USA) fut le meilleur joueur d’échecs de la deuxième moitié du 19ème siècle. Né en Autriche-Hongrie, il s’installe à Londres après le tournoi de l’Exposition universelle de 1862 (où il vit une vingtaine d’années, comme joueur professionnel au London Chess Club), avant d’émigrer à New-York en 1883.
Steinitz devient le premier champion du monde officiel, après sa victoire en 1886 contre J.Zukertort. (Il avait auparavant battu en match : Anderssen en 1866, Zukertort en 1872, et Blackburne en 1876). Il conservera son titre jusqu’à sa défaite en 1894 contre Emmanuel Lasker.
Théoricien du jeu d’échecs, Steinitz est considéré comme le père des échecs modernes. (NDLR : certains citent également Staunton à ce propos). Les principes positionnels de Steinitz (structure de pions, espace, paire de fous, avant-poste pour le cavalier,…) ont grandement contribué au développement de la stratégie moderne des échecs. Son style « positionnel » contrastant avec celui de ses prédécesseurs de l’Ecole romantique (pour laquelle « l’attaque à tout va » prime). Les idées de Steinitz seront reprises et développés par S.Tarrasch, l’un de ses principaux disciples.
Tchigorine, source d’inspiration majeure de l’école soviétique des échecs
Mikhail Tchigorine, le père des échecs russes
Mikhail Tchigorine (1850-1908, Russie) est l’un des derniers grands joueurs de l’Ecole Romantique des échecs. Il a joué (et perdu) deux matchs de championnat du monde des échecs contre Steinitz en 1889 et 1892. Les parties et les nombreuses publications de Tchigorine ont fortement influencé l’école soviétique des échecs qui domina le monde des 64 cases pendant la deuxième moitié du 20ème siècle.
La pire gaffe de l’histoire des championnats du monde ?
Gaffe ! Les Blancs (Tchigorine) viennent de jouer 34.Fb4??
Dans la 23ème partie du match de 1892, Tchigorine (avec les Blancs) a une pièce de plus face à Steinitz. Il est sur le point d’égaliser à 9-9 dans le match. Mais il gaffe et joue 34.Fb4?? Steinitz répond 34…Txh2+. Les Blancs abandonnent, avant d’être matés au coup suivant.
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