mardi 1 septembre 2026

Sur les traces de Nimzowitsch à Copenhague

Un séjour à Copenhague était forcément l’occasion de faire un petit détour par l’histoire des échecs. 
Et, dans la capitale danoise, difficile de ne pas penser à Aron Nimzowitsch, l’un des joueurs et théoriciens les plus importants du début du XXe siècle.


Né à Riga en 1886, Nimzowitsch s’installe à Copenhague en 1922 et y passera le reste de sa vie. 
Il appartient alors à l’élite mondiale : dans ses meilleures années, il rivalise avec les plus grands joueurs de l’époque, Capablanca et Alekhine notamment. 

Mais Nimzowitsch est surtout resté célèbre pour ses idées. 
Avec Richard Réti et quelques autres, il est l’une des grandes figures de l’école hypermoderne, qui vient bousculer les principes classiques du jeu. 
Contrôle du centre à distance, blocus, prophylaxie, surprotection… 
Autant de notions qu’il développe dans son ouvrage le plus célèbre, Mon Système (Mein System), publié d’abord en plusieurs fascicules à partir de 1925, puis en volume en 1927. 
Un siècle plus tard, le livre reste un grand classique de la littérature échiquéenne. 


À Copenhague, nous sommes donc allés voir l’immeuble où il vécut, au 11 Øster Farimagsgade, au deuxième étage, tout près du jardin botanique. 
Pas de plaque spectaculaire ni de musée Nimzowitsch : seulement un immeuble assez discret. 
Mais pour un amateur d’histoire des échecs, cela suffit largement à justifier la promenade ! 



Deuxième étape : le cimetière de Bispebjerg, où Nimzowitsch repose depuis sa mort en 1935. 
Sur sa tombe figure simplement le mot danois « Skakstormesteren », le « grand maître d’échecs »


Petite particularité : Nimzowitsch partage sa sépulture avec le maître danois Jens Enevoldsen, l’un de ses disciples. 
Enevoldsen, mort en 1980, avait expressément demandé dans son testament à être enterré auprès de Nimzowitsch, qui l'avait autrefois qualifié d'« espoir des échecs danois »
Son souhait fut respecté. 



Un petit pèlerinage échiquéen qui valait largement le détour.